01Enjeux en matière de rationalisation et de qualité des aménagements

Le choix des mobiliers urbains et revêtements des sols joue un rôle important dans la perception paysagère des espaces publics, leur fonctionnalité, leur gestion quotidienne, leur animation et leur durabilité.

Il se révèle essentiel de faire des choix rationnels à même de garantir la qualité paysagère et fonctionnelle de l’espace public, de favoriser son accessibilité au plus grand nombre, et de permettre d’assurer une gestion adaptée des aménagements dans le temps.

Ce travail de rationalisation doit permettre d’optimiser le fonctionnement, faciliter l’exploitation et la maintenance, et ainsi de garantir la maîtrise des dépenses liées au mobilier urbain et au traitement des sols, ainsi qu’à la conception et l’entretien des espaces publics.

Ces choix interviennent dans un souci de maitrise des dépenses globales, de développement durable, de valorisation de l’image de la ville et de son rayonnement, et de réponse aux besoins des habitants et usagers de l’espace public, en adéquation avec les enjeux locaux.

Les objectifs des dispositions de la CPU sur ce volet sont donc triples, en matière de mobiliers et revêtements installés sur domaine public, ou sur des espaces destinés à être rétrocédés :

  • Affirmer une identité continue et cohérente des aménagements, garantir leur harmonie, tout en renforçant la qualité du paysage urbain et du cadre de vie ;
  • Maîtriser les coûts de production, de gestion et d’entretien des aménagements, des mobiliers et des revêtements, optimiser leur fonctionnement, exploitation et durabilité ;
  • Apporter plus de lisibilité et simplifier les choix de mobiliers et revêtements en réduisant le nombre de références et en les adaptant de façon plus fine aux usages, enjeux et spécificités des différents secteurs structurant la Ville.

Au regard de ce contexte, il est préconisé de prendre en compte ces mêmes principes et dispositions lors des réflexions portant sur l’aménagement d’espaces relevant du domaine privé.

02Mise en œuvre de ces enjeux au travers des mobiliers et revêtements

Première étape : Identification de cinq types de secteurs en fonction de leurs enjeux urbains

Pour atteindre ces objectifs, cinq types d’espaces de référence ont été identifiés sur le territoire communal, en fonction de leurs caractéristiques, de leurs usages et de leurs enjeux urbains.

« Espaces d’exception »

  • Espaces justifiant d’une forte richesse patrimoniale et historique.
  • Points forts du parcours touristique.

« Centralités »

  • Lieux regroupant, dans un périmètre relativement restreint, des commerces, équipements collectifs, services, logements, transports en commun etc, accueillant une intensité d’usage, et un certain rayonnement au sein du quartier, voire interquartier.
  • Elles peuvent être caractérisées par une diversité fonctionnelle, des éléments patrimoniaux ou identitaires, et présentent une certaine urbanité, propice à engendrer une animation urbaine participant à la vie de quartier et à son identité.
  • Reprenant les grandes lignes directrices de la définition de centralité énoncée dans l’Orientation d’Aménagement et de Programmation* spécifique du Plan Local d’Urbanisme intercommunal*, cette catégorie d’espaces permettra une adaptation plus fine au contexte local.
  • Le statut de centralité s’apprécie au travers d’un cumul de critères mentionnés ci-dessus.

« Espaces naturels et parcs urbains »

  • Grands espaces naturels (ex : lac, parcs, étang…).
  • Principaux parcs et jardins urbains, mails piétons. Certains peuvent présenter un caractère historique et patrimonial plus prononcé (hors squares aménagés dans le diffus). Le traitement des mails piétons devra s’adapter aux autres espaces traversés.

« Corridor du Tramway »

  • Faisceau du tramway : espaces traversés par les lignes de tramway, d’un alignement* à l’autre.
  • Travail de couture ponctuel sur certains espaces plus vastes ou relevant d’une autre catégorie.
  • Au sein des corridors du tramway peuvent être relevés les secteurs en hyper-centre et les autres espaces.

« Espaces courants »

  • Tous les autres espaces, non visés par les secteurs définis ci-dessus.
  • Les choix retenus pour ces espaces permettront de garantir un bon niveau de qualité sur l’ensemble de la Ville.

 

Cartographie indicative de ces espaces

La cartographie consultable au lien ci-dessous permet de représenter les principaux espaces définis ci-dessus, sans en fixer la liste exhaustive (se référer aux définitions).

Consultez la cartographie indicative de ces espaces

 Seconde étape : Définition d’un catalogue rationalisé des mobiliers et revêtements

Conjointement à cette sectorisation, un catalogue des modèles de mobiliers urbains et de revêtements des sols a été arrêté. Il revêt une importance toute particulière et est le produit d’un travail de sélection et de réduction du nombre de références de mobiliers et revêtements utilisables sur le territoire angevin. Il intègre les enjeux de rationalisation et de qualité des aménagements rappelés ci-dessus, dans un souci de maitrise des coûts, et d’aménagements adaptés aux spécificités des sites et leurs usages.

Ce catalogue fixe la liste des modèles de mobiliers et revêtements pouvant être utilisés sur le territoire communal, en fonction des cinq types d’espaces dans lequel est projeté l’aménagement concerné (courant, centralité, exception…).

  • Seules les références présentes dans ce catalogue pourront être retenues dans les aménagements nouveaux et les renouvellements sur les espaces déjà existants.
  • La sélection et l’installation de modèles ne figurant pas dans ce catalogue est proscrite.

Chaque secteur pourra recevoir du mobilier ou des revêtements de la catégorie « espace courant », qui peut donc être utilisée sur l’ensemble du territoire communal.

Le changement des modèles de mobiliers et revêtements, lié à la transition entre deux types d’espaces différents, devra se faire de façon cohérente et rationnelle au regard de la configuration spécifique des lieux, de sorte à assurer un aménagement qualitatif et harmonieux.

Afin de garantir une continuité et cohérente globale des mobiliers à l’échelle de la Ville, une même teinte a été retenue pour l’ensemble des mobiliers urbains installés sur le territoire communal. Sauf cas particuliers, et sous réserve d’une validation préalable par les services, cette teinte devra systématiquement être privilégiée et retenue en priorité : il s’agit du RAL 7016 (gris anthracite).

Consultez le catalogue des mobiliers et revêtements :

Consultez le catalogue des mobiliers

Consultez le catalogue des revêtements

 

 

 

 

 

Evolution et adaptation de ce contenu :

Afin de tenir compte des nouveaux besoins pouvant apparaître, des évolutions réglementaires et techniques, et des matériaux innovants, l’ajout de nouvelles références au catalogue pourra être étudié par la Ville, à titre exceptionnel et sous conditions spécifiques.

Tout ajout au catalogue se fera sous réserve d’une validation au cas par cas par la collectivité et les services gestionnaires, sur la base d’une note technique argumentée justifiant la nécessité d’intégrer cette nouvelle référence au regard de celles déjà existantes (exemples : nouveau besoin pour lequel la collectivité nécessite de s’équiper, évolution réglementaire nécessitant de remplacer un modèle déjà existant, matériaux innovants apportant une réelle plus-value technique, économique, énergétique, fonctionnelle et une gestion optimisée en lieu et place d’une référence existante etc).

Des évaluations et mises à jour de la CPU seront réalisées, de sorte à intégrer les nouvelles normes, prescriptions techniques, matériaux et besoins, afin de garantir l’opérationnalité de cet outil.

Il convient de rappeler que l’élaboration d’un site patrimonial remarquable (SPR) est actuellement en cours d’étude sur une partie du territoire communal. Dans les espaces concernés, et aux abords des monuments historiques, le catalogue, sa mise en oeuvre, et les dispositions de la CPU pourront être ajustés par la Ville, en concertation avec l’Architecte des Bâtiments de France.

Toute modification de ces dispositions sera réalisée directement sur le présent site internet de la Charte du Paysage Urbain, de manière à garantir sa large diffusion auprès de tous les acteurs concernés.

03Enjeux en matière de sélection et mise en oeuvre des revêtements

Les revêtements installés au sein des aménagements impactent la perception générale de ces espaces et participent à la valorisation paysagère générale de l’ensemble.

Afin de sélectionner le revêtement le plus adapté à l’aménagement projeté, il convient de s’interroger sur différents volets, visant à garantir une qualité urbaine et paysagère, une pérennité, une maintenance, un usage et une durabilité des revêtements en adéquation avec la qualité de l’aménagement attendu et son maintien dans le temps.

Plusieurs axes cumulatifs doivent donc nécessairement être pris en compte. Ces axes définissent les caractéristiques que devront respecter tous les matériaux installés sur le territoire communal, en fonction des secteurs concernés et leurs usages, qu’il s’agisse de nouveaux aménagements ou de renouvellement. Ils portent sur :

  • Les usages de l’espace concerné,
  • La porosité du revêtement retenu en fonction de ces usages,
  • La teinte du revêtement et son calepinage,
  • La solidité de la pose et des joints,

Il est rappelé que les choix de revêtements devront se faire parmi les références figurant au sein du le catalogue des mobiliers et revêtements évoqué plus haut, et devront être validés en amont par les services gestionnaires.   

 

1. Les usages de l’espace à revêtir / aménager

Tous choix de revêtement devra tenir compte des usages du sol du secteur dans lequel il est envisagé. La CPU et notamment son catalogue des revêtements précise dans quels types d’espaces (exception, courant etc) et pour quels types d’usages (voies circulées, voies piétonnes, abords des lieux particulièrement exposés aux salissures notamment) les revêtements retenus pourront être employés. Elle regroupe en outre les prescriptions en matière de pose, de résistance et d’entretien.

 Les matériaux les plus fragiles, ainsi que ceux pour lesquels les interventions d’entretien, de réfection, etc engendrent soit des différences dans l’aspect global de revêtement au niveau des raccords, soit de lourds travaux impactant l’usage de l’espace public sur des périodes prolongées, seront proscrits sur les espaces circulés par les automobiles, ou présentant de nombreux réseaux.

Ils pourront en revanche être employés sur les espaces non circulés, avec peu de réseaux.

Le choix du revêtement devra également tenir compte de l’intensité d’usage constatée ou attendue, et des activités présentes dans la zone.

 

 2. La porosité du revêtement

D’une manière générale, la porosité des revêtements retenus doit être limitée le plus possible (sans être glissants) de manière à prévenir l’incrustation des salissures dans le revêtement et permettre son nettoyage. L’objectif est de garantir un niveau de propreté suffisamment qualitatif dans le temps, permettre un nettoyage rationnel, et éviter une incrustation pérenne des salissures, faisant émerger une impression de non propreté et altérant la qualité paysagère des aménagements et l’image de la Ville.

 Il conviendra d’avoir une attention renforcée, et de prévoir un niveau de porosité le plus réduit possible, dans la limite des contraintes de sécurité (éviter les risques de glissades), à proximité immédiate des espaces les plus exposés aux salissures, tels que les abords des corbeilles et conteneurs, les espaces proches de lieux de restauration à emporter (ex abord des bancs proches de ce type d’activités), autour des fontaines notamment.

L’emploi de résine en bande autour de ces lieux particulièrement exposés pourra être envisagé dès lors que cela garantit une intégration qualitative et préserve l’harmonie générale avec le reste des revêtements de la zone.

Ponctuellement, l’emploi de vernis protecteurs pourrait également être mis en œuvre, sous réserve d’une validation préalable des services gestionnaires.

 

 3. La teinte du revêtement et son calepinage

Les revêtements de teinte trop claire et unis seront écartés car très salissants et faisant ressortir une impression de non propreté/non entretien de l’espace de façon plus notable que les revêtements plus sombres ou non unis (mouchetés) qui seront à retenir en priorité.

Le calepinage des dalles/pavés en fonction de leur teinte est à travailler en fonction des usages des espaces traités et de leur exposition aux salissures.

Il pourra être proposé par exemple une concentration plus importante en éléments foncés au niveau des espaces présentant un usage plus intensif, circulés, ou plus exposés aux salissures afin d’en réduire la perception.

Il conviendra de retenir des teintes plus foncées sur les espaces circulés ou plus exposés.

 

 4. La pose, les joints et le calepinage

La largeur des joints devra garantir la pérennité du revêtement et sa résistance aux opérations de nettoyage et à la pression minimale de 200 bars. Il s’agit autant des joints entre dalles/pavés que ceux entre les dalles/pavés et les éléments de mobilier urbain, les protections des arbres, les plaques d’égouts, les résines, autres éléments jalonnant l’espace public etc. Pour être suffisamment résistant au nettoyage sur la durée et stable, le revêtement devra être posé sur lit béton. La pose sur lit de sable est prohibée car résistant mal au nettoyage à 200 bars notamment.

La pose du mobilier urbain devra permettre de garantir le passage des machines d’entretien des sols (1,30 à 1,50 m d’espace minimum selon les cas).